Extrait de Le Sens du Beau, Aux origines de la culture contemporaine de Luc Ferry, Éditions Cercle d'Art, 1998, page 94 :
L'un des principaux reproches adressés au platonisme, ainsi qu'à la version populaire qu'en fournit le christianisme, tenait à ce que tous deux s'efforcent de nier le monde sensible au nom d'un monde intelligible ― le premier étant désigné par l'apparence par rapport à laquelle le second vient jouer le rôle d'un arrière-monde démystificateur (selon le fameux mythe de la caverne).

Jean-Baptiste Regnault, L'origine de la peinture, 1785, Musée National du Château de Versailles

La fille du potier Dibutades, voulant conserver l'image de son fiancé appelé à la guerre, aurait selon le mythe reproduit le contour de son ombre. C'est toujours mieux que rien !
Dans le mythe de la caverne, l'ombre (c'est-à-dire l'apparence) est prise pour la chose elle-même. Dans le mythe d'origine de la peinture, l'ombre et la réalité ne sont pas confondues. La peinture est de l'ordre du psychique ; elle ne consiste pas à étaler de la couleur sur une surface (comme l'avait fait remarquer M. José Garcia, professeur de dessin, à une jeune fille qui n'a pas eu l'air de se vexer pour autant !).

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