Extrait de Principes d'une esthétique de la mort de Michel Guiomar, Librairie José Corti, 1967, page 226 :
Dans la peinture, un clivage immédiat s'opère. On attendra d'un paysage de campagne un Funèbre beaucoup plus pur que d'un paysage de ville. Du premier, Vinchon reconnaît : « un paysage avec sa vie a une autre valeur que celle de la ville. Il baigne de calme et de mystère d'autres figures dont le royaume n'est pas de ce monde. » (J.Vinchon, L'Art et la folie, Paris, Stock, 1950, page 14)
Cette réunion de l'Au-delà, pressenti mais absent, du calme et du mystère est plus difficile dans un tableau de ville. [...] La campagne réintègre l'homme dans le cycle naturel de la nature.

Gaston Robbe, Paysage du Haut-Doubs

Le tué ou tuyé désigne dans le Haut-Doubs une grande cheminée en forme de pyramide recouvrant totalement une pièce (Musée des Maisons Comtoises, Nancray).
Je me demandais ce que pouvait bien signifier ce tué. Ce sont des saucisses et des jambons qui sont suspendus dans l'immense cheminée, de pendu point !
Gaston Robbe était notaire dans le Haut-Doubs. J'imagine les secrets, de jambons ou de morts, d'héritages, qu'il pouvait entendre.
Secrète, sa peinture l'était comme dans ces paysages où les maisons gardent le leur. Aucun personnage visible, aucun ornement, aucun divertissement.
Le Haut-Doubs a été traité au cinéma (à ma connaissance) dans deux films : Les Granges brûlées et Le Sang du renard, téléfilm que j'ai pu voir deux fois à la télévision. A ma surprise, la fin a été modifiée lors de la rediffusion. Le simple d'esprit (l'idiot du village comme on disait) finit dans la fosse à purin et est sauvé par son ami dans la nouvelle version. Un repentir, comme diraient les peintres...

retour à l'entrée du musée imaginaireindex des auteurs citésindex des artistesles titres du musée imaginairecourriel