Extrait de La science dans l'art de Lionel Salem, Éditions Odile Jacob, Mai 2000, page 155 :
Si un artiste souhaitait exprimer le dépouillement le plus absolu, comment ferait-il ? À défaut d'une toile entièrement vide, une toile « zéro », il peut remplir sa toile d'une seule couleur ― créant ainsi un « monochrome ». Les artistes du XXe siècle ont effectivement tenté de symboliser le « rien », le « zéro », par des toiles monochromes. Le grand précurseur en la matière fut le peintre russe Kasimir Malevitch(1878-1935). Sa composition suprématiste : Blanc sur blanc (vers 1918) est devenue aussi célèbre que les premières toiles abstraites de Kandinsky. Malevitch avait proclamé que « le monde n'est... rien » ; et, selon Jean-Claude Marcadé, la pensée de Malevitch se résume en ces termes : « Malevitch résume toute sa pensée dans son Manifeste suprématiste (1915) : tout ce qui dans le monde est diversité, distinctions, différences entre les hommes se traduit par zéro. [...] La toile est le lieu où se révèle l'Absolu, qui se manifeste par un Sans-Objet. »

Kasimir Malevitch, Carré blanc sur fond blanc, 1918

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