Extrait de Le Sens du Beau, Aux origines de la culture contemporaine de Luc Ferry, Éditions Cercle d'Art, 1998, page 213 :
Dieu, ici, est le symbole de la réconciliation entre le sensible et l'intelligible. Dieu est celui qui, étant omniscient, aurait rationalisé tout ce qui nous paraît matériel. Par exemple, lorsque nous touchons la table, nous ne voyons pas la structure intime, atomique ou moléculaire de la table, mais évidemment, du point de vue de Dieu, tel que se le représente le christianisme, on aurait une perception absolue, jusque dans les composants les plus infimes, une intelligence parfaite de ce qui nous apparaît comme un monde sensible, c'est à dire un monde qui résiste au toucher, qui a une odeur, qui a une couleur, qui occupe un espace, qui est opaque, etc. Donc le point de vue de Dieu est, dans la perspective kantienne, puis romantique, le point de vue de la réconciliation entre le sensible ― ce qu'on peut toucher, voir et sentir ―, d'un côté et l'intelligible, de l'autre.

Caspar David Friedrich, Voyageur au-dessus de la mer de nuages, 1818

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