Un Ignudo nous dévisage.

C'est bien à tort que nul n'y prend garde car, parmi les quelques quatre cents personnages qui peuplent la voute et le chevet de la Sixtine, il est le seul que nous pouvons regarder dans les yeux. Ce détail est donc hautement significatif.
[...]le dévoilement du regard est une forme de dénudation et, cela, même si le personnage est vêtu.
Mais s'il ne l'est pas, absolument plus rien ne le protège : il est nu à la puissance deux comme on peut le constater avec la
Vénus du Titien, la Maja de Goya ou l'Olympia de Manet. Ainsi, la nudité qu'on nous demandait déjà d'observer pour elle-même se trouve ici multipliée avec une crudité révolutionnaire car, jamais dans la peinture de l'époque, le spectateur n'avait pu rencontrer ainsi le regard d'un personnage nu, ni dans une église ni, semble-t-il, ailleurs. Sauf erreur, c'est Michel-Ange qui est l'initiateur du procédé. il n'a été que rarement réutilisé et, semble-t-il, jamais dans un édifice sacré.
(Michel Masson, La chapelle Sixtine, La Voie nue, Les Éditions du Cerf, 2004, page 91)

La chapelle Sixtine, un Ignudo nous dévisage

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