Saint Benoît Joseph Labre d'après André Dhôtel, le départ

Le départ :
Et cette fois on le signale encore en des détours bien excentriques et à peu près jamais sur la route directe. Il a depuis longtemps étudié et appris par cœur les cartes des pays qu'il veut traverser, mais les cartes de l'époque qu'il a vues jadis à Érin, ou chez le vicaire de Ligny-lez-Aire, ce sont des sortes d'échiquiers, avec des collines, des forêts, des tours, des clochers dessinés comme des images, où les points cardinaux perdent leur importance. Benoît ne pouvait qu'aller que de proche en proche. Il ignora les diligences et les chemins royaux où se véhiculent seigneurs, académiciens, futurs ou consacrés, évêques et bourgeois. Bien étranger aux choses buissonnières, il s'abandonna aux routes pour se perdre avec une étrange hâte dans le vaste jeu des cités et des bourgs qui brillaient avec leurs églises dans le ciel d'automne.

(André Dhôtel, Saint Benoît Joseph Labre, Éditions de La Table Ronde, Paris, 2002, page 108)

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