Saint Benoît Joseph Labre d'après André Dhôtel, les chemins des monastères

Les chemins des monastères :
Quiconque a voulu toucher la perfection divine, disent les théologiens, et s'est senti transporté d'un ravissement infini doit à un moment donné reprendre conscience de son obscurité, de sa vilenie bien sûr et d'une sottise que ne soutient aucun artifice. La contradiction subsiste quoi qu'on fasse, et l'angoisse est d'autant plus grande que l'idée du bonheur s'était bien installée. La réalité divine devient plus qu'illusoire en demeurant essentielle réalité. Elle semble détruire l'homme suppliant qui lui doit la vie et qui n'a pas de vie.
Il est certain que Benoît ne se fit aucune réflexion de ce genre. Jamais il ne s'est livré à la moindre spéculation. Il constata simplement que tout se vidait en lui, et ce fut en regardant ses mains qu'il s'en aperçut. Tant qu'elles étaient unies en prières elles exprimaient la gloire de Dieu, mais lorsqu'il rentrait dans sa cellule, et qu'il était livré à la solitude dont il avait tant rêvé, il s'apercevait que ses mains étaient sans emploi et sans signification.

(André Dhôtel, Saint Benoît Joseph Labre, Éditions de La Table Ronde, Paris, 2002, page 87)

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